Il y a une chose que j’ai apprise en cabinet, et que je répète presque à chaque première séance : un symptôme n’est jamais le problème. C’est un message. Et tant qu’on ne va pas écouter ce message, on peut travailler le symptôme pendant des mois sans qu’il ne bouge d’un millimètre.
Le vaginisme en est l’exemple parfait.
D’abord, éliminer ce qui doit l’être
Avant même de parler d’inconscient, de transe ou de travail thérapeutique, il y a une étape que je ne saute jamais : m’assurer que la personne a fait les examens médicaux nécessaires. Un gynécologue, un avis médical clair. Si on me dit qu’il n’y a aucune cause organique, aucun déclencheur physiologique, alors seulement je considère qu’on est sur un terrain psychique. Pas avant.
Parce que soigner à l’aveugle, sans écarter le corporel, ce n’est pas de la thérapie, c’est de l’improvisation.
On ne force pas un muscle à se détendre. On va comprendre ce qu’il cherche à protéger, pour qu’il puisse enfin relâcher.
Un comportement, ou une émotion ?
Une fois cette case cochée, la vraie question commence : qu’est-ce que ce vaginisme, concrètement ? Un comportement appris ? Une émotion figée ? Une protection ?
C’est là qu’intervient le travail spécifique de l’hypnose ericksonienne : un questionnement précis, qui jongle en permanence entre le conscient et l’inconscient. On ne demande pas juste « depuis quand » et « pourquoi » — on va chercher, en douceur, ce qui se cache derrière. Et dans ma petite expérience d’hypnothérapeute, ce qui se cache derrière varie énormément d’une personne à l’autre.
Parfois c’est une éducation très stricte — je le vois souvent ici, au Maroc et dans les pays arabes, où le rapport au corps et à la sexualité a été construit très tôt autour de l’interdit et de la faute. Parfois c’est un premier rapport douloureux, resté imprimé dans le corps comme une alarme qu’on n’a jamais désamorcée. Et parfois — c’est le cas que je veux vous raconter aujourd’hui — c’est bien plus enfoui que ça.

Le cas qui a tout changé dans ma façon de voir ce symptôme
Il y a quelque temps, j’ai reçu en cabinet une femme dans la trentaine, célibataire, qui venait pour un vaginisme installé depuis plusieurs années. Elle ne comprenait pas d’où ça venait. Elle avait fait les examens, tout allait bien médicalement. Elle se sentait juste « bloquée », sans explication.
En travaillant en transe, en laissant l’inconscient parler à sa manière — par images, par sensations, par bribes — un souvenir est remonté. Un souvenir qu’elle avait, consciemment, mis de côté : une agression survenue plusieurs années plus tôt, lors d’une soirée, par un ancien compagnon.
Elle n’avait jamais fait le lien entre cet épisode et son vaginisme. Consciemment, ce n’était même pas dans le même tiroir.
On a travaillé sur ce traumatisme précis — pas sur le vaginisme. Je n’ai même pas eu besoin de traiter le symptôme en tant que tel. Une fois le trauma désamorcé, le vaginisme a disparu de lui-même, dans les semaines qui ont suivi.

Ce que ça nous apprend
Ce vaginisme n’était pas « le » problème. C’était un mécanisme de défense, mis en place par l’inconscient pour protéger cette femme de quelque chose qu’elle n’avait pas encore les moyens de regarder en face. Le corps avait fermé une porte que l’esprit n’était pas prêt à ouvrir.
C’est pour ça qu’on ne « traite » pas un vaginisme comme on traiterait une phobie des ascenseurs. On va chercher la fonction du symptôme. Et une fois qu’on a compris à quoi il sert — qu’est-ce qu’il protège, qu’est-ce qu’il empêche — le symptôme perd souvent sa raison d’être.
Ce n’est pas de la magie. C’est simplement que l’inconscient, quand on lui parle son propre langage, finit toujours par nous montrer où est la vraie porte à ouvrir.
Si vous vous reconnaissez dans cet article et que vous souhaitez en parler, une consultation de découverte de 15 minutes est possible — pour comprendre, sans jugement, ce qui se joue derrière le symptôme.