mourad el Marghichi hypnose hypnose ericksonnienne

Hypnose et spiritualité : quelle place pour vos croyances dans une séance ?

Et si votre spiritualité pouvait avoir une place dans votre accompagnement hypnotique, sans jamais vous être imposée ?

Pour certaines personnes, la spiritualité occupe une place importante dans leur manière de comprendre la vie, les épreuves qu’elles traversent et leur propre histoire. Pour d’autres, elle n’a aucune importance. Pour certaines encore, elle existe mais reste intime, personnelle, parfois difficile à mettre en mots.

Lorsqu’elle fait réellement partie de votre univers intérieur, il n’est pas nécessaire de la laisser à la porte d’une séance d’hypnose. Elle peut parfois constituer une ressource parmi d’autres.

À une condition essentielle : qu’elle vous appartienne déjà.

Mais avant d’expliquer comment je peux l’intégrer dans certaines séances, j’aimerais revenir sur la manière dont cette idée m’est venue.

Comment m’est venue l’idée d’utiliser le Coran en hypnose ?

L’idée d’utiliser certains versets du Coran pendant une séance ne m’est pas venue parce que je cherchais à introduire la religion dans ma pratique.

Elle m’est venue en apprenant l’hypnose.

C’était pendant un stage consacré aux sous-modalités et à la ligne du temps, auprès de mon formateur et mentor Josick Guermeur.

Nous travaillions notamment sur la manière dont une personne construit et se représente intérieurement une expérience.

Lorsque nous pensons à un souvenir, par exemple, il ne se présente pas uniquement comme une information. Une image peut sembler proche ou lointaine, claire ou sombre, grande ou petite, fixe ou en mouvement. Un son peut paraître proche, éloigné, fort ou faible. Ce sont ces caractéristiques de nos représentations intérieures que l’on appelle, en hypnose, les sous-modalités.

En parallèle, j’observais depuis ma formation la place qu’occupent les métaphores organiques en hypnose ericksonienne.

Une rivière, un arbre, une graine, un chemin…

Des images simples qui permettent parfois de parler indirectement de ce qu’une personne traverse et de l’aider à regarder son expérience autrement, sans lui expliquer ce qu’elle devrait comprendre ou ressentir.

C’est à ce moment-là que j’ai commencé à regarder certains passages du Coran différemment.

Je connaissais évidemment ces textes auparavant. Ce qui avait changé, c’était mon regard.

J’ai commencé à remarquer autrement les images, les analogies, les métaphores et certaines descriptions.

Lorsque le Coran évoque le Paradis, par exemple, il ne le présente pas uniquement comme une idée abstraite. Il évoque des jardins, des rivières, des fruits, des ombrages… autant d’éléments que celui qui lit ou écoute peut se représenter intérieurement.

Et puis il y avait quelque chose d’autre qui faisait directement écho à ce que j’étais en train d’apprendre : le rapport au temps.

Certains passages ramènent vers les origines de l’être humain. D’autres racontent des événements du passé. D’autres encore projettent vers ce qui vient après : la mort, la résurrection, le Paradis.

En travaillant sur la ligne du temps en hypnose, le rapprochement s’est fait pour moi.

Si une personne possède déjà une relation profonde avec ces paroles, ces images et ce qu’elles représentent, pourquoi ne pourraient-elles pas devenir une ressource dans son travail hypnotique ?

Je ne me suis jamais dit que « le Coran est de l’hypnose ».

Ce n’est pas mon propos.

C’est plutôt l’inverse : c’est l’apprentissage de l’hypnose qui m’a amené à regarder autrement certains aspects du langage coranique.

Votre monde intérieur est le point de départ

Lorsque vous consultez pour une anxiété, une peur, un manque de confiance, un burn-out, une difficulté à tourner une page ou simplement le besoin de retrouver un équilibre, vous n’arrivez pas seulement avec un symptôme ou une difficulté.

Vous arrivez avec votre histoire, vos souvenirs, vos émotions, vos valeurs, vos croyances, vos représentations et parfois votre spiritualité.

En hypnose ericksonienne, je ne cherche pas à vous faire entrer dans mon monde. Je pars autant que possible du vôtre pour comprendre ce qui peut devenir une ressource pour vous.

Deux personnes venant consulter pour une difficulté similaire peuvent donc être accompagnées de manière très différente.

Pour l’une, une ressource pourra être la nature. Pour une autre, la musique, le sport, un souvenir, une personne importante, une image particulière.

Et pour certaines personnes, la foi peut occuper cette place.

Et si votre foi faisait déjà partie de vos ressources ?

Si votre relation à Dieu occupe une place profonde dans votre vie, certaines paroles peuvent vous accompagner depuis longtemps.

Un verset, une prière ou une expression peut être lié à un souvenir, à une personne, à une période de votre vie, ou simplement à une sensation de confiance et d’apaisement.

Dans ce cas, ces éléments peuvent parfois trouver leur place dans une expérience hypnotique.

Non pas parce qu’ils posséderaient un quelconque « pouvoir hypnotique », mais parce qu’ils ont déjà une signification pour vous.

C’est cette signification personnelle qui m’intéresse.

Anxiété et peur de l’avenir : comment un verset peut-il être utilisé ?

mourad el Marghichi hypnose hypnose ericksonnienne

Prenons une personne qui vit une anxiété diffuse ou qui anticipe constamment ce qui pourrait se produire demain :

Et si quelque chose se passe mal ? Et si je perds ce que j’ai ? Et si je n’arrive plus à faire face ? Et si je manque de quelque chose ?

Elle peut parfaitement comprendre rationnellement que rien de catastrophique n’est en train de se produire.

Et pourtant, quelque chose continue à avoir peur.

Chez une personne musulmane pour laquelle la confiance en Allah possède une signification profonde, je peux parfois introduire pendant le travail hypnotique :

وَمَن يَتَوَكَّلْ عَلَى اللَّهِ فَهُوَ حَسْبُهُ

« Et quiconque place sa confiance en Allah, Il lui suffit. »

Coran, 65:3

Ou :

أَلَيْسَ اللَّهُ بِكَافٍ عَبْدَهُ

« Allah ne suffit-Il pas à Son serviteur ? »

Coran, 39:36

Je ne dis pas à la personne :

« Vous êtes croyant, donc vous ne devriez plus avoir peur. »

L’anxiété ne disparaît pas simplement parce qu’une personne croit.

J’introduis plutôt ces paroles dans l’expérience et j’observe.

La respiration change-t-elle ? Le visage se relâche-t-il ? Une émotion apparaît-elle ? Une sensation particulière émerge-t-elle ?

Je calibre.

Un verset entendu depuis des années peut être associé à des souvenirs, à une sensation de confiance ou de protection, ou à une relation très personnelle avec Allah.

La ressource ne vient donc pas d’une prétendue propriété hypnotique du verset. Elle vient de la relation que la personne entretient déjà avec lui.

Je n’en présume pas l’effet. J’observe ce que la personne en fait pendant la séance et ce qu’elle me rapporte ensuite.

Revenir au commencement pour regarder autrement l’avenir

J’ai notamment utilisé cette approche avec une personne qui traversait un état dépressif accompagné d’une peur profonde : non pas particulièrement celle de mourir, mais celle d’exister et de manquer un jour de quelque chose.

Dans la sourate Al-Mu’minûn, le Coran évoque différentes étapes de la création humaine :

وَلَقَدْ خَلَقْنَا الْإِنسَانَ مِن سُلَالَةٍ مِّن طِينٍ ۝ ثُمَّ جَعَلْنَاهُ نُطْفَةً فِي قَرَارٍ مَّكِينٍ…

Coran, 23:12-14

Dans ce travail, mon objectif n’est pas de faire une explication religieuse du texte.

Ce qui m’intéresse est le voyage intérieur qu’il peut accompagner chez quelqu’un pour qui ces paroles possèdent déjà un sens.

Revenir très loin en arrière.

Avant les inquiétudes actuelles. Avant le travail. Avant les responsabilités. Avant les peurs. Avant même que cette personne puisse prendre soin d’elle-même.

Puis avancer.

La gestation. La naissance. L’enfant que l’on nourrit, que l’on berce et dont on prend soin. Puis l’enfance, l’adolescence, l’âge adulte.

Jusqu’à aujourd’hui.

Et ensuite, regarder vers l’avenir.

Pour une personne dont la relation à Allah constitue déjà une ressource profonde, une question peut alors prendre une résonance différente :

Si ma foi me permet de penser que je n’étais pas seul au commencement de mon existence, pourquoi serais-je nécessairement seul face à ce qui m’attend aujourd’hui ?

Ou, toujours à l’intérieur de ce que cette personne croit déjà :

Celui en qui tu places aujourd’hui ta confiance était déjà là lorsque tu étais incapable de prendre soin de toi. Pourquoi serait-Il absent maintenant ?

Il ne s’agit pas de lui apporter une nouvelle croyance.

Il s’agit de lui permettre de regarder sa propre histoire à partir de ce qu’elle croit déjà.

C’est là que la ligne du temps et le recadrage peuvent se rejoindre.

Le Coran peut-il devenir un ancrage en hypnose ?

Dans certaines situations, oui.

En hypnose, un ancrage consiste à associer un élément — un mot, une image, une sensation ou un geste — à un état ou à une ressource que la personne pourra ensuite retrouver plus facilement.

Chez quelqu’un profondément attaché à sa foi, certains versets possèdent parfois déjà une histoire personnelle et une charge émotionnelle particulière.

Il ne s’agit donc pas de leur fabriquer artificiellement un pouvoir, mais de travailler avec ce qu’ils représentent déjà pour cette personne.

C’est aussi pourquoi je ne travaille pas avec des recettes du type « cinq versets contre l’anxiété » ou « trois versets contre le burn-out ».

Deux personnes peuvent entendre exactement le même verset et vivre intérieurement deux expériences très différentes.

Une ressource n’est réellement une ressource que lorsqu’elle a du sens pour la personne.

Vous pouvez être croyant et traverser une période difficile

Être musulman ne signifie pas que le Coran doit nécessairement intervenir dans une séance.

Deux personnes musulmanes peuvent avoir des rapports très différents à la religion. Pour l’une, la foi peut être au centre de son existence. Pour l’autre, elle peut être principalement culturelle ou familiale. Une troisième peut s’en être éloignée.

Il ne m’appartient pas de décider de ce que votre religion signifie pour vous.

La question n’est donc pas simplement :

« Êtes-vous musulman ? »

Elle est plutôt :

« Est-ce que cette dimension fait réellement partie de votre monde intérieur et constitue, pour vous, une ressource ? »

Si la réponse est non, je n’ai aucune raison d’introduire le Coran dans votre accompagnement.

Il est également important de ne pas transformer la spiritualité en explication systématique.

Une anxiété peut avoir de nombreuses origines. Un état dépressif également. Un burn-out aussi.

Un verset n’est pas un traitement contre la dépression ou le burn-out, ni une formule destinée à supprimer l’anxiété.

Et une difficulté psychologique n’est pas la preuve d’un manque de foi.

Vous pouvez être profondément croyant et ressentir de l’anxiété, traverser un burn-out, vivre une période de mal-être ou avoir besoin d’aide.

Cela ne diminue pas votre foi et ne signifie pas que vous avez « mal cru ».

Lorsque la spiritualité intervient dans le travail, elle doit rester une ressource appartenant à la personne, jamais une norme imposée par le thérapeute.

Et si vous n’êtes pas musulman ?

Le principe ne change pas.

Si vous n’avez aucune relation avec le Coran, je n’ai aucune raison de l’utiliser.

Votre univers intérieur peut contenir d’autres ressources : une autre tradition spirituelle, une prière, la nature, la musique, le sport, un souvenir d’enfance, une personne importante, une phrase, une image, un lieu ou simplement certaines de vos valeurs.

Et si la spiritualité n’a aucune place dans votre vie, cela ne pose aucun problème.

Une séance d’hypnose peut tout à fait s’appuyer sur d’autres ressources.

L’outil change.

Le principe reste le même : partir de ce qui appartient déjà à votre monde.

Que peut vous apporter cette manière de travailler ?

La question qui m’intéresse finalement n’est pas seulement :

« Peut-on utiliser le Coran en hypnose ? »

Elle est plus large :

« Qu’est-ce qui a déjà du sens pour vous et que nous pouvons éventuellement mobiliser dans votre accompagnement ? »

Vous n’arrivez pas en séance comme une personne vide à laquelle le thérapeute devrait apporter toutes les solutions.

Vous arrivez avec votre histoire, vos expériences, votre manière de ressentir et vos propres ressources.

Certaines sont évidentes. D’autres sont peut-être présentes depuis longtemps sans que vous ayez pensé à les mobiliser de cette manière.

Le travail hypnotique peut notamment permettre de les retrouver, de les utiliser autrement et parfois de modifier la façon dont vous regardez votre histoire ou ce qui vous attend.

Pour une personne, cette ressource pourra être un verset. Pour une autre, une musique. Pour une troisième, un souvenir, une image, une sensation ou une valeur.

Ce qui compte, c’est qu’elle vous appartienne.

Cette manière de travailler résume assez bien ma conception de l’hypnose ericksonienne : partir de la personne plutôt que d’un protocole appliqué de la même manière à tout le monde.

Je suis Mourad El Marghichi, hypnothérapeute ericksonien chez Hypnotizium à Casablanca.

Je reçois en cabinet à Casablanca et j’accompagne également en ligne les personnes situées à Paris, en région parisienne et, plus largement, dans le monde francophone.

Je travaille notamment autour de problématiques telles que l’anxiété, les angoisses, les peurs, le burn-out, la confiance en soi et d’autres difficultés pouvant faire l’objet d’un accompagnement par l’hypnose.

Deux personnes peuvent venir avec le même mot — « anxiété », « peur », « burn-out » — sans avoir la même histoire derrière ce mot, les mêmes déclencheurs, les mêmes représentations ni les mêmes ressources.

Je ne cherche donc pas d’abord à faire entrer la personne dans un protocole.

Je cherche à comprendre la personne qui est devant moi.

L’utilisation ponctuelle du Coran avec certaines personnes musulmanes pour qui la foi constitue déjà une ressource profonde n’est finalement qu’une illustration de cette manière de travailler.

Le thérapeute peut avoir ses propres convictions, son propre parcours et sa propre vision du monde. La séance n’a pas pour fonction de vous les transmettre.

Elle doit pouvoir rester un espace dans lequel votre histoire, vos valeurs, vos croyances — ou votre absence de croyance — peuvent être entendues et utilisées lorsqu’elles vous sont utiles.

Et c’est finalement ce qui résume le mieux toute cette approche :

« Je n’utilise pas le Coran parce qu’il appartient à mon monde. Je peux l’utiliser lorsqu’il appartient profondément au monde de la personne qui est devant moi. »

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Mourad EL MARGHICHI

Hypnothérapeute Ericksonien — Hypnotizium

Cabinet à Casablanca — consultations en ligne à Paris, en région parisienne et dans le monde francophone